De mon côté s'il y en a bien un sur lequel ma vision du monde s'est profondément modifiée c'est sur la paternité.
Et comme il y a plein de jeunes papa ou futur papa sur le forum ce sera l'occasion d'échanger.
D'abord partons du poncif de base souvent dressé comme un étendard par les parents à ceux qui n'ont pas d'enfants, le fameux "tu peux pas comprendre".
Et bien c'est vrai, je pense qu'il est très difficile de comprendre ce que c'est que d'être un père (mais j'imagine que c'est pareil pour une mère) quand on ne l'est pas. C'est pas une question d'intelligence, d'ouverture d'esprit, de culture ou que sais-je encore... C'est je pense une sensation beaucoup plus animale, instinctive, qui se ressent plus qu'elle ne se comprend.
Je pense qu'il y a une analogie à faire avec la drogue, mais les enfants procurent une telle dose d'amour inconditionnel (je sais pas si le terme est bon mais allons-y avec ça) que derrière cela créé une vision du monde totalement différente pour celui qui en a bénéficié.
Pour illustrer, voici quelques points sur lesquels j'ai sensiblement évolué :
- la peur de la mort tout d'abord; alors étonnamment pas la sienne, enfin si évidemment mais ça ne m'a pas surpris, c'est un sentiment que je m'attendais à ressentir. C'est la peur de ma propre mort qui m'effraie dans des proportions jamais ressenties jusqu'alors, non pas pour mon propre compte, mais pour l'absence et le manque que je pourrai générer chez lui. Ca a eu un effet assez foudroyant sur moi, non pas que j'étais un trompe la mort avant, c'était très loin d'être le cas, mais c'était simplement un paramètre que je ne prenais jamais en compte et qui aujourd'hui ne me quitte pas vraiment (sans me faire tomber en dépression non plus hein).
- ma compréhension des autres parents : critiquer l'éducation que donnent les parents ou le comportement qu'ils ont avec leur enfants est une des bases de nos sociétés modernes et rassurez-vous cela ne changera pas, en tout cas pas pour moi

Par exemple je suis assez attentifs à ce que mon fils n'ait pas accès aux écrans et à la malbouffe, au point où je suis en décalage avec pas mal de mes connaissances qui ont un enfant dans la même tranche d'âge. Mais les quelques fois où on a pu céder, la récompense affective que l'on reçoit est telle qu'il faut vraiment avoir un ligne directrice bien ancrée pour ne pas céder à nouveau trop régulièrement. Et encore là je n'aborde que le côté psychologique de la chose, mais il y a aussi le paramètre physique avec la fatigue qui a une influence majeure.
Bref tout ça pour dire que j'ai beaucoup plus de bienveillance pour ceux qui n'ont pas les même comportements éducatifs que moi, même si je ne les cautionne pas.
- le rapport affectif avec mes parents et surtout mon père : chez nous on est pas des grands communiquant, je n'ai pas vraiment connu mes grands parents et je ne pense pas que mes parents m'aient dit une seule fois "je t'aime" depuis que je suis en âge de m'en rappeler. Bref pas de situation conflictuelle mais pas d'effusion non plus. Ce qui a changé depuis que je suis père c'est de savoir que de ne pas le dire ou le montrer est très différent de ne pas le ressentir. Savoir que mon père en particulier a pu ressentir la même chose que moi en ce moment m'a rapproché de lui de façon certaine sur le plan émotionnel.
- la mesure de l'amour pour ma femme : sujet sensible


TLDR; un enfant c'est bien !